Bon, ça commence à faire un moment que j’ai fait ce vol mais depuis quelques temps j’avoue que j’ai la plume un peu fainéante. Allez, un petit effort…
Nous n’avions pas volé ensemble avec Milos depuis de nombreux mois et souhaitons remettre ça avec un vol vraiment sympa, pas un Lognes-Coulommiers… Quoi de plus excitant qu’un vol en montagne ou vers une île? Et pourquoi pas un vol à l’étranger pour pratiquer la phraséo dans la langue de Shakespeare? Ce sera donc… Jersey (EGJJ).
La route fait un peu plus de 190 NM, soit environ 1h30 avec le F-HAFI, un des Cessna 172SP de l’AC de l’Agile. L’avion est bien équipe, avec GPS et PA 2 axes. Le départ se fera en contournant la classe A de Paris par le Sud. Puis direct EPR (Epernon), LGL (l’Aigle).
Comme l’indiquent les procédures spécifiques aux îles anglo normandes, la traversée doit se faire au départ du point de report VFR “Saint-Germain”, situé sur la côte française au travers est de l’île et au nord de Granville. Il faut contacter Jersey Approach avant de survoler ce point pour recevoir la clairance, les îles étant couvertes par une zone de classe A.
Le contact s’effectue sans problème et nous sommes autorisés pour un transit à 3000 ft QNH. Spectacle magnifique que ce survol maritime que je n’avais vécu que pour aller à Belle Ile en 2005. Nous avons des gilets de sauvetage avec nous et de toute façon il n’y a rien de bien effrayant car le temps (superbe CAVOK) nous permet de voir les côtes de Jersey dès le début de la traversée.
Nous avons demandé à effectuer une approche IFR mais l’ILS étant hors service il faudra se contenter d’un VOR-LOC. De toute façon, tout cela n’est que simulation pour permettre à Milos de comptabiliser l’approche au titre de son IFR FAA (bientôt mon tour…).
C’est la piste 09 qui est en service et le contrôle nous fait donc contourner l’île par le sud avant de nous ramener dans l’axe de la longue piste de 1700 m. Nous nous posons sur ce terrain très professionnel, entre deux liners. Jersey est certainement celle des îles anglo normandes qui voit passer le plus de touristes. Elle s’est donc structurée en conséquence. Et surtout, elle est très (trop?) urbanisée.
Accueil très cordial à l'aéro-club qui gère en fait tout ce qui touche à l’aviation générale. C’est un bon moyen de s’assurer que les procédures sont adaptées à nos petits avions. Le fait que tout passe par la même gestion dans nos aéroports français est, on le sait, une source de contraintes et de frais insupportable… Enfin bon, le répéter ne sert à rien.
Un taxi nous conduira sur le port en traversant une campagne joliment britannique. Nous prendrons le soin de déjeuner rapidement car la météo indique un très fort vent d’est pour l’après-midi en nous savons qu’il nous faudra deux heures pour rentrer contre moins d’une heure 30 à l’aller. Nous visons un départ à 15h heure française soit 14h locales ou UTC (c’est la même, quelle chance!).
Le transit pour le retour nous est autorisé mais à une altitude beaucoup plus faible et nous devrons survoler la mer à 1000 ft seulement. Avec un horizon invisible car le temps est brumeux, il faut contrôler ses instruments avec précision. Bon entraînement pour l’IFR ;-)
Le vol de retour sera assez long et un peu laborieux. Le C172 n’est déjà pas rapide (cela me change du Cirrus SR20, mais l'aéro-club attend un SR22) mais nous affronterons en plus un vent de face de 35 kts. Même en redescendant de notre croisière à 6500 fts, point de changement.
Ce retour sera par ailleurs marqué par un comportement un peu erratique du pilote automatique que nous déciderons finalement de débrancher, et une longue absence de réponse du contrôle de Paris-Info qui nous fera envisager une procédure de panne radio…
Je recommande chaudement cette sympathique destination. SI je retourne aux anglo normandes, je choisirai sans doute Alderney qui semble plus sauvage, avec une côte rocailleuse comme à Belle-Ile. Il y a beaucoup d’informations pour préparer un vol sur le site de Pilotlist dans cette page.
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